La maison d’édition allemande Carlsen Verlag, appuyée par le groupe Bonnier, a engagé une procédure judiciaire contre OpenAI Ireland Ltd. auprès du tribunal régional de Munich. Portée aux côtés de l’auteur Marc-Uwe Kling et de l’illustratrice Astrid Henn, cette plainte déposée le 19 août 2026 concerne la célèbre série pour enfants Das NEINhorn. Les demandeurs accusent la société technologique d’avoir exploité sans autorisation des textes et des illustrations protégés par le droit d’auteur pour l’entraînement et le fonctionnement de ses modèles d’intelligence artificielle.
Au cœur du litige figure la capacité de ChatGPT à générer des récits et des images très proches de l’œuvre originale à partir de consignes simples. Selon les essais réalisés par l’éditeur, le système produit des éléments créatifs identifiables, des personnages emblématiques et des décors caractéristiques de la série. De plus, le logiciel a conçu des maquettes complètes de livres illustrés prêtes pour l’impression, avec des couvertures, des mentions légales et des numéros ISBN fictifs. Ces constatations amènent Carlsen à soutenir que les modèles ont mémorisé des pans entiers de l’œuvre d’origine.
Au-delà de cette série jeunesse, cette action en justice s’inscrit dans un mouvement européen plus large qui teste les frontières entre création artistique et apprentissage automatique. La démarche vise à protéger les créateurs contre l’utilisation non autorisée de leurs travaux et à obtenir réparation pour les préjudices subis. Alors que la justice allemande a récemment rendu une décision favorable à l’organisme de droits musicaux GEMA contre la société Suno, ces affrontements juridiques majeurs contribuent à fixer des jurisprudences décisives pour l’avenir de la propriété intellectuelle.



