Considéré comme l’un des événements littéraires majeurs de la saison, le nouveau roman de la célèbre auteure britannique Rachel Cusk, intitulé Life of M (La Vie de M) et publié par les éditions Farrar, Straus and Giroux, suscite une vaste polémique. L’ouvrage met en scène une écrivaine anonyme qui prend pour muse une actrice réputée nommée M, peinte sous un jour particulièrement critique. Très vite, les lecteurs et les critiques littéraires ont décelé de multiples similitudes frappantes entre ce personnage et la comédienne oscarisée Natalie Portman. Des éléments précis du récit évoquent en effet la trajectoire de l’actrice, de ses débuts très jeunes au cinéma à son rôle essentiel dans un film consacré au ballet, sans oublier des détails intimes sur son enfance et sa scolarité.
Cette accumulation de coïncidences alimente de vives rumeurs dans le monde culturel, d’autant que l’auteure et la comédienne résident toutes deux à Paris et entretenaient auparavant des liens d’admiration mutuelle. Selon des proches de l’actrice, cette dernière éprouve une vive indignation face à un portrait jugé caricatural et sans rapport avec sa personnalité discrète. Face aux interrogations, Rachel Cusk qualifie cette frénésie médiatique de très éprouvante. L’écrivaine déplore la transformation de son invention littéraire en un affrontement factuel, et elle estime que son ouvrage se suffit à lui même pour assurer sa propre défense.
Cette polémique soulève la question d’un authentique scandale littéraire ou d’un calcul commercial habile destiné à stimuler les ventes. Roman phare de la rentrée, Life of M risque néanmoins de souffrir de cette effervescence autour de la vie privée d’une star. Un tel engouement pour le ragot détourne le public du style remarquable de Rachel Cusk, au risque de réduire une création structures ambitieuse à une simple chasse aux indices biographiques.



