James Daunt, directeur général de Waterstones, a exprimé sa volonté de limiter autant que possible la présence de contenus générés par intelligence artificielle dans les rayons de la chaîne. Selon ses propos tenus dans le podcast Big Boss de la BBC, l’enseigne utilise cette technologie de manière restreinte, uniquement pour améliorer certains aspects logistiques et le service client. En revanche, elle s’efforce d’en écarter les effets dans les magasins et sur sa plateforme en ligne.
Le dirigeant a précisé qu’un livre conçu par IA pourrait éventuellement être commercialisé si les clients en faisaient explicitement la demande, à condition qu’il soit clairement identifié comme tel. Toutefois, il a reconnu que cela suscitait chez lui un rejet instinctif. Une étude de l’université de Cambridge a récemment révélé que plus de la moitié des romanciers britanniques redoutent une disparition de leur métier à cause de l’IA. Daunt considère cette crainte comme plausible dans les segments standardisés de l’édition, mais inapplicable à la littérature de qualité, cœur de l’offre de Waterstones.
Il a affirmé que le lien entre lecteurs et auteurs reste fondamental, notamment dans les librairies où ce lien se manifeste à travers des festivals littéraires, des rencontres, des éditions exclusives ou dédicacées. Pour lui, ce type de relation exige la présence d’un véritable écrivain. La posture de Waterstones illustre ainsi une volonté de préserver l’authenticité littéraire dans un environnement technologique en mutation.



