L’éditeur égyptien Yehia Fekry a reçu le Prix Voltaire 2026 de l’Union internationale des éditeurs lors de la cérémonie de remise des prix du trente-cinquième Congrès international des éditeurs à Kuala Lumpur, en Malaisie. À cette occasion, l’organisation a de plus annoncé la remise d’un prix spécial à titre posthume à l’éditeur égyptien Mohamed Hashem. Le créateur et directeur général de la maison d’édition El Maraya, Yehia Fekry, a déclaré que sa structure a vu le jour en 2016 avec une mission à la fois simple et ambitieuse : offrir une tribune aux jeunes voix issues des nouveaux élans démocratiques et libéraux d’Égypte. Ce projet vise aussi à promouvoir des perspectives critiques qui peinent régulièrement à trouver leur place au sein du discours intellectuel et politique majoritaire. Avec le temps, El Maraya a réussi à rassembler une vaste communauté de lecteurs et d’adeptes fidèles.
La nature même de cette mission culturelle et les perspectives critiques reflétées au sein de leurs publications ont toutefois exposé la maison d’édition à de multiples pressions institutionnelles. Ces obstacles ont mis leur travail à l’épreuve dès le début et continuent de le faire aujourd’hui. Malgré ces difficultés continuelles, l’équipe reste dévouée à sa mission et déterminée à la poursuivre pour assurer le droit du public au savoir, ainsi que le droit des auteurs et des chercheurs à exprimer leurs idées librement. Lors de la réception du prix spécial au nom de son père, Mirette Hashem a partagé que Mohamed Hashem avait consacré sa vie à l’idée que les livres constituent la pierre angulaire d’une société libre et éclairée. En qualité d’éditeur, il fut un défenseur passionné de la liberté d’expression et a plaidé sans relâche pour le droit de penser, d’écrire et de publier sans peur en Égypte. Il a consenti à de graves sacrifices pour protéger ces valeurs primordiales, persuadé de leur nécessité cruciale pour le progrès de la nation.
Au cours de la cérémonie, la présidente du Comité pour la liberté de publication de l’Union internationale des éditeurs, Jessica Sanger, a prononcé un discours mémorable. Elle a précisé que la sélection de cette année met en lumière des éditeurs forcés de travailler en exil ou exclus des salons du livre et des festivals littéraires. Ces professionnels défendent des idées diverses, contestent des lois restrictives et offrent une voix à des communautés privées de l’opportunité de raconter leurs propres histoires. D’autres continuent d’exercer leur métier au milieu des conflits armés pour aider le public à comprendre le monde. Le comité a ainsi rappelé sa responsabilité de préserver l’esprit de ce prix face aux nouvelles candidatures, et il renouvelle son engagement envers les lauréats des années précédentes. Jessica Sanger a enfin exprimé sa profonde inquiétude face à la condamnation injustifiable de Sihem Bensedrine, la lauréate de 2009, à vingt-cinq années de prison en Tunisie pour son action en faveur de la liberté.



