L’industrie de l’édition en Corée du Sud connaît une évolution remarquable. Un nombre toujours plus élevé d’éditeurs de l’extérieur acquiert les droits de traduction de romans coréens bien plus tôt que leur parution sur le marché local. Cette tendance reflète une confiance accrue en la capacité de la littérature coréenne à toucher le lectorat du monde entier sans devoir prouver son succès commercial au préalable dans son pays. Si les ventes de droits de manière anticipée s’observent d’ordinaire du côté du cinéma, cette pratique a pris beaucoup d’ampleur dans le domaine du livre au cours des trois dernières années. Ce phénomène s’explique par la hausse de l’intérêt mondial pour la fiction coréenne et par le triomphe des œuvres traduites sur de multiples marchés.
Le nouveau roman de Dolki Min, intitulé « Je Veux Tuer Goni », offre un très bel exemple. Ses droits en langue anglaise ont été vendus bien plus tôt que sa sortie en Corée, fixée au 15 juillet 2026. Cet accord s’appuie sur la réception à l’international du livre passé de cet auteur, « La Pratique De La Marche », publié aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Pologne et en Italie. De son côté, Hwang Bo-reum a aussi cédé les droits de son roman « Le Couple Du Dessus » à des éditeurs de quinze pays de manière très précoce. Elle a ainsi obtenu des rémunérations initiales au-delà de 500 millions de wons, soit environ 348 000 dollars. Cette transaction fait suite au triomphe planétaire de son récit célèbre, « Bienvenue À La Librairie Hyunam-dong », qui s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires à l’échelle du globe.
La demande à l’international ne se limite pas aux plumes dotées d’un solide palmarès. Les textes de jeunes auteurs atteignent aussi les marchés de l’extérieur de manière anticipée. Les droits russes pour le livre pour jeunes adultes de Woo Shin-young, « Le Caniche Noir », ont déjà trouvé preneur. Par ailleurs, « Le Marché De La Pluie » de You Yeong-gwang a conclu des accords dans six pays à la suite de sa promotion lors du Salon du livre de Londres. Les droits de « La Pâtisserie De Minuit Nommée Hwawoldang » de Lee On-hwa ont eux aussi été cédés dans onze pays. Les éditeurs coréens estiment que la patience face au succès local d’un livre ne constitue plus une stratégie viable pour les professionnels du dehors. Ces derniers agissent avec toujours plus de précocité pour acquérir les droits des nouveaux titres les plus prometteurs.



