La onzième édition du Salon international du livre arabe d’Istanbul a ouvert ses portes en Turquie sous le thème « L’histoire se poursuit ». Ce carrefour réunit des éditeurs, des auteurs et des lecteurs autour de la langue, de la culture et des enjeux liés au savoir. Plus de trois cents maisons d’édition venues de trente pays prennent part à cet événement. Ce rendez-vous se déroule jusqu’au vingt-trois août deux mille vingt-six au Centre d’art et d’exposition Eurasia, situé dans le quartier de Yenikapı. Les organisateurs espèrent recevoir plus de cent vingt mille visiteurs. Au cœur de cette métropole habituée à servir de pont entre l’Orient et l’Occident, le salon consolide sa position de lieu de rencontre majeur dédié au livre arabe en dehors du monde arabe. Il attire les communautés arabes de Turquie et d’Europe, ainsi qu’un public turc curieux de découvrir cette langue.
Le site officiel du salon le décrit comme un événement culturel à but non lucratif dont l’objectif consiste à renforcer la présence de la langue arabe et à approfondir les liens culturels arabo-turcs. Cela lui confère un rôle bien plus vaste que celui d’un simple marché du livre, pour bâtir des ponts durables entre les lecteurs et les cultures. Cette édition va plus loin que la simple présentation de nouvelles parutions. Elle ouvre la voie à une réflexion plus large sur l’avenir de l’édition et de la lecture. Le programme propose des réunions sur les droits d’édition et la traduction. Celles-ci réunissent des professionnels du secteur pour des discussions sur la place des livres à l’ère de l’intelligence artificielle. Le projet TULIA pour la littérature turque en langue arabe participe lui aussi à cette démarche. Il cherche à rapprocher la littérature turque du public arabe, à présenter des œuvres traduites et à ouvrir de nouvelles voies de collaboration entre les professionnels des deux côtés.
La Syrie figure comme invitée d’honneur de cette édition. Le ministère de la Culture la représente à travers un pavillon dédié, avec la présence de multiples institutions et maisons d’édition syriennes. Cette présence reflète l’une des caractéristiques principales de ce rendez-vous : positionner le livre comme un point de rencontre entre la mémoire culturelle et l’édition contemporaine. Le programme syrien se concentre sur l’échange d’expertise, la création de partenariats et le soutien à la traduction. De son côté, la ville d’Istanbul continue, jusqu’au vingt-trois août, d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire que le salon a choisi de perpétuer.



