La littérature omanaise occupe le devant de la scène lors du Salon international du livre de Sharjah 2026, où le Sultanat est invité d’honneur de la 45e édition, fort de publications en essor à travers diverses langues et marchés. Depuis l’attribution du Prix Booker international en 2019 au roman « Les Corps célestes » de Jokha Alharthi, traduit par Marilyn Booth, de nouvelles traductions de ses écrits ont vu le jour, parallèlement aux distinctions reçues par d’autres plumes omanaises lors de grands prix littéraires arabes. Des projets éditoriaux sont également nés afin de soutenir la traduction, la publication et la promotion de ces œuvres en anglais. Paru en arabe en 2010, « Les Corps célestes » a rejoint le catalogue de Sandstone Press en 2018, un an avant sa récompense internationale. Le site officiel de l’autrice recense désormais 26 traductions publiées, parmi lesquelles le français, l’allemand, le chinois, le coréen et l’espagnol, qui retracent le parcours d’un récit ancré dans la mémoire omanaise vers des lecteurs de cultures variées.
Le lectorat anglophone a pu découvrir la suite de sa création romanesque avec la parution de « L’Arbre à oranges amères » en 2022, puis de « Les Gazelles de soie » en 2024, deux textes traduits par Marilyn Booth. Ces romans abordent des thèmes singuliers : l’évocation par une jeune Omanaise en Grande-Bretagne de celle qu’elle considérait comme sa grand-mère, ou encore les liens d’amitié, d’allaitement partagé et de deuil entre des femmes aux parcours partagés entre village et cité. Ces parutions permettent aux lecteurs de suivre l’évolution de l’autrice à travers plusieurs étapes de son écriture. Par ailleurs, la reconnaissance au sein de l’édition arabe met en lumière d’autres voix du pays : le roman « Dilshad » de Bushra Khalfan a figuré sur la sélection finale du Prix international de la fiction arabe en 2022, avant la victoire de Zahran Alqasmi pour « Le Sourcier » en 2023. L’un s’inspire de l’histoire de Mascate et des mutations de sa population, tandis que l’autre suit une communauté rurale tributaire de l’eau, ce qui reflète la diversité de la prose omanaise.
Du côté de l’édition, le Prix de traduction Bait Al Ghasham DarArab, créé en 2023, offre une voie institutionnelle vers de nouveaux publics. Issu d’un partenariat entre Bait Al Ghasham et DarArab, ce prix allie le financement de la traduction, de la révision, de la publication et de la promotion, avec une catégorie consacrée aux travaux omanais édités. Ce modèle réunit l’ensemble des étapes du parcours d’un livre au sein d’un programme unique, du choix de l’œuvre à la diffusion de sa version traduite, afin d’assurer une présence littéraire durable au-delà de la langue arabe.



