L’œuvre intitulée « Le Restaurant des Recettes Perdues », écrite par Hisashi Kashiwai, s’inscrit dans la lignée des fictions japonaises chaleureuses. Publié en deux mille vingt quatre par la maison Mantle et traduit avec soin par Jesse Kirkwood, ce court volume de deux cents pages se consacre aux souvenirs culinaires. Ce livre constitue le deuxième volet de la série de l’officine Kamogawa. Un ancien policier nommé Nagare et sa fille Koishi y dirigent une agence de recherche culinaire atypique au cœur de Kyoto. Dissimulé dans un quartier discret sans aucune enseigne, leur établissement accueille des personnes désireuses de retrouver un plat précis. Chaque chapitre fonctionne de manière autonome, de sorte qu’il n’est nul besoin d’avoir parcouru le premier opus. Le processus suit un protocole immuable : la fille interroge les clients sur leurs émotions, tandis que le père mène ses investigations pour recréer la recette oubliée.
Des personnes issues de divers horizons fréquentent cette officine secrète, d’un interprète musical éphémère à un modèle sportif. Les mets recherchés vont du simple riz sauté au nori ben, des plats parfois peu familiers pour le lectorat de l’Occident. Bien que la structure de chaque enquête se révèle répétitive, le parcours de chaque visiteur suscite une vive émotion. La dimension thérapeutique se révèle lors des explications du chef Nagare, qui dévoile ses méthodes pour retrouver les saveurs perdues et les ajustements nécessaires pour plaire à son hôte. Cette démarche démontre que la cuisine dépasse les simples formules des manuels de recettes. Elle repose sur l’expérimentation et sur le désir d’offrir un bonheur sur mesure à la personne qui déguste le plat. La version de Jesse Kirkwood restitue ces subtilités avec fluidité, et présente les traditions nippones de manière mesurée.
Ce livre se lit avec rapidité grâce à sa structure prévisible qui permet de s’identifier aux émotions des clients. Le lecteur perçoit l’importance de ces saveurs retrouvées, ce qui lui fait éprouver une joie teintée d’une douce mélancolie face à des regrets parfois tardifs. Pour quiconque traverse une période de doute ou fait face à une panne de lecture, cet ouvrage apporte un réconfort précieux et invite à déceler la beauté du monde. Sans prétendre au statut de chef d’œuvre de la littérature, ce roman s’impose comme une lecture indispensable pour sa chaleur et son optimisme. C’est pour cette raison que cette œuvre obtient la note de neuf sur dix.



