Les contes de fées constituent notre première ouverture sur la fiction et l’imaginaire. Ils nous initient aux notions de bien et de mal, d’amour et de haine, et nous inspirent l’espoir d’un dénouement heureux. La Bibliothèque Britannique propose une immersion totale au cœur de ces récits à travers sa grande exposition temporaire, ouverte du 27 mars au 23 août 2026. Ce projet, qui occupe deux galeries après quatre années de préparation, associe le récit classique à des dispositifs interactifs, des décors de théâtre et des expériences sensorielles. Plus de 50 récits venus d’Europe, d’Asie, d’Afrique et des Amériques s’y côtoient. Près de 170 pièces historiques issues des collections de l’institution, parmi lesquelles des manuscrits et des œuvres d’art du seizième au vingt et unième siècle, illustrent ce parcours. Dès leur entrée, les visiteurs pénètrent dans des décors tridimensionnels où les plus jeunes s’installent à la table des trois ours, sollicitent un génie ou hument les philtres d’une sorcière. Cette approche renouvelle les contes traditionnels par des perspectives modernes qui captivent les adultes tout comme la jeunesse.
Le parcours débute au coin du feu par une réflexion sur l’art de conter. Cet espace d’introduction expose des fables et des légendes illustrées, à l’image d’un imprimé ancien de Mulan et d’un manuscrit indien du dix septième siècle. Des éditions historiques de Charles Perrault, de Madame d’Aulnoy, des frères Grimm et de Hans Christian Andersen y témoignent de la tradition européenne. Le public admire aussi un dessin original de Mervyn Peake qui représente un monde imaginaire. Le visiteur explore ensuite la forêt profonde où se déclinent les versions du Petit Chaperon Rouge, depuis les écrits de Perrault jusqu’aux dessins modernes d’Alex T. Smith. Cette étape interroge les rôles des héros et des vils personnages. Puis, la visite se poursuit au palais où Cendrillon introduit le thème du merveilleux. Des ouvrages illustrés par Arthur Rackham ou Edmund Dulac y côtoient des récits analogues comme le conte japonais Hachikazuki ou la version écossaise Rushen Coatie. Cette section dédiée à la magie aborde les vœux et les objets mystérieux, sous l’égide d’un panneau de la princesse endormie de Waddesdon Manor prêté par la Fondation Rothschild. On y découvre des œuvres comme Rumpelstiltskin, le récit anglais Tom Tit Tot, ainsi que La Reine des neiges.
La troisième partie s’ouvre sur un paysage de cascades pour examiner les représentations de la bête dans « La Belle et la Bête ». Des illustrations du dix neuvième siècle de Walter Crane côtoient un volume en relief de Robert Sabuda. Ce parcours aborde les métamorphoses animales à travers des légendes comme celle du pêcheur Urashima, ainsi que les récits de bêtes douées de parole. La section finale explore l’influence de ces contes sur la littérature moderne et leur évolution continue, qui permet aux visiteurs de lire divers textes et d’esquisser leurs propres récits. L’exposition déploie des œuvres originales d’artistes célébrés au Royaume Uni. Grâce à des boutons interactifs, des zones de costume et des espaces d’expression, elle s’adresse idéalement au jeune public de 3 à 10 ans. L’accès est facilité par la distribution de sacs sensoriels dès l’entrée pour les personnes qui requièrent un soutien spécifique. Ce parcours réussit un équilibre délicat, instructif sans être austère, et propice au rêve sans être excessif.



