Des pièces vestimentaires rares ayant appartenu à Charles Dickens seront présentées au public à Londres à partir du 11 mars au musée Charles Dickens, dont le col de chemise en lin que l’écrivain portait lors de l’attaque cérébrale qui causa sa mort en 1870. Cette exposition rassemble également plusieurs objets personnels qui éclairent la vie quotidienne de l’auteur. Parmi eux figurent des bas noirs en soie issus du seul costume conservé de Dickens, ainsi que divers accessoires liés à ses habitudes de toilette. L’ensemble comprend notamment six rasoirs en argent utilisés pour son rasage quotidien, un flacon de parfum, des mouchettes à bougie en argent et un médaillon en or qui renferme des photographies et des mèches de cheveux de Dickens et de son fils Henry.
Ces objets offrent un aperçu singulier de la personnalité et du style de l’écrivain. Charles Dickens fut victime d’une attaque alors qu’il dînait dans sa résidence de Gad’s Hill Place, dans le Kent, le 8 juin 1870, avant de mourir le lendemain. Après sa disparition, le col de chemise qu’il portait ce jour-là entra en possession de l’acteur et artiste de music-hall Bransby Williams, célèbre pour ses interprétations de personnages issus des romans de Dickens. L’exposition se tient au musée Charles Dickens situé au 48 Doughty Street à Bloomsbury, seule maison londonienne ayant appartenu à l’écrivain encore conservée aujourd’hui et lieu où il rédigea plusieurs œuvres qui contribuèrent à sa renommée.
Lorsqu’il s’installa dans cette maison en 1837 avec sa famille, Dickens était encore un jeune auteur prometteur. Au moment de quitter les lieux, il jouissait déjà d’une renommée internationale grâce au succès de plusieurs romans écrits durant cette période, dont Les Papiers posthumes du Pickwick Club (1837), Oliver Twist (1838) et Nicholas Nickleby (1839). Les objets présentés témoignent aussi du goût prononcé de l’écrivain pour l’élégance vestimentaire. Les bas exposés faisaient partie d’un costume porté lors d’une réception officielle au palais Saint-James en avril 1870, à laquelle Dickens rencontra le prince de Galles. Associés à des portraits photographiques et peints de l’auteur, ces éléments permettent de mieux comprendre l’image d’un écrivain attentif à son apparence, dont le style raffiné constituait une dimension essentielle de sa personnalité publique.



