Dar Al-Saqi a annoncé la non-attribution du Prix Mai Ghoussoub du roman pour sa quatrième édition en 2026, une décision qui traduit la fidélité de la maison à ses critères littéraires et artistiques ainsi que sa conception du prix comme un espace destiné à révéler de nouvelles voix narratives et à leur offrir une véritable entrée en littérature sous des conditions créatives exigeantes. Le prix s’adresse exclusivement aux auteurs qui n’ont encore publié aucune œuvre littéraire. Sa philosophie repose sur l’encouragement de débuts solides plutôt que sur l’achèvement partiel ou la reconnaissance de circonstance, afin de préserver la confiance des lecteurs et la valeur de l’expérience romanesque.
Cette édition a suscité une participation étendue, avec plus de cent manuscrits reçus à travers le monde arabe, notamment de Tunisie, d’Égypte, du Maroc, d’Algérie, du Liban, du Soudan, d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de Syrie, d’Irak, de Jordanie, du Yémen, d’Oman, de Libye et de Palestine. Cette diversité géographique s’est accompagnée d’une réelle richesse thématique et formelle. Les textes ont abordé des registres variés, du roman historique à la science-fiction, de l’écriture expérimentale au fantastique, et témoignent d’un effort soutenu pour interroger les réalités contemporaines arabes et les réinventer par l’imaginaire.
Le jury, composé de la romancière libanaise Alawiya Sobh, du romancier yéménite Habib Abdulrab Sarori et de l’éditeur Pierre Fadel, a procédé à des lectures attentives avant d’aboutir à une délibération approfondie. Les membres ont estimé que, malgré l’engagement manifeste des auteurs, les œuvres soumises ne satisfaisaient pas collectivement aux critères artistiques qui fondent le prix. Selon le rapport, les manuscrits abordaient des enjeux sociaux, politiques et humains étroitement liés, tels que les guerres civiles, la violence, la maladie, la détresse psychologique ou encore les illusions de la vie numérique, tandis que le recours à des univers fictionnels parallèles exprimait des inquiétudes existentielles. Plusieurs textes ont révélé un potentiel notable et leurs auteurs ont reçu des retours éditoriaux substantiels, sans toutefois atteindre le degré d’aboutissement artistique requis pour l’attribution du prix.



