Copublié par TBA21, Silver Press et The 87 Press, La Palestine est partout constitue un vaste recueil d’essais, de poèmes, de chroniques de protestation et de lettres de prison écrits par des Palestiniens vivant à Gaza, accompagné d’œuvres artistiques et photographiques. L’ouvrage réunit des contributions d’Alaa Abd El-Fattah, militant politique récemment libéré, ainsi que des artistes Ahmad Zaghmouri, Maisara Baroud et Amal Al-Nakhala, et des écrivains Nasser Rabah, Mohammed R. Mhawish, Sahar Khalifeh, Ahmed Bassiouny et Muhammad Al-Zaqzouq, parmi d’autres. Un dispositif numérique associé au projet proposera également des créations vidéo, sonores et multimédias afin d’élargir sa portée et d’approfondir l’accès aux expressions culturelles palestiniennes. Conçu à la fin de l’année 2023, dans un contexte de fragmentation du débat public, le livre entend restaurer un espace de complexité et de réflexion face à des récits dominants jugés réducteurs.
L’ouvrage rassemble des textes et des images qui retracent la quête palestinienne de paix, de liberté et d’autodétermination. Il expose une pluralité de voix issues du champ littéraire, artistique et intellectuel, et affirme la culture comme lieu de résistance et de mémoire. Selon Markus Reymann, codirecteur de TBA21, le projet répond à une situation où les artistes et penseurs palestiniens ont fait l’objet d’effacements et de déformations. En 2024, la journaliste et éditrice Skye Arundhati Thomas a rejoint l’équipe éditoriale afin de consolider cette démarche. Les initiateurs du projet défendent l’idée que la culture ne peut demeurer neutre face à la violence, et qu’elle implique une responsabilité éthique et politique envers celles et ceux dont la parole se trouve menacée.
La réalisation du livre a exigé un travail constant dans un contexte marqué par les coupures de communication, la destruction des infrastructures et la pression psychologique extrême. Malgré ces obstacles, les échanges ont reposé sur la confiance et la solidarité. Chaque texte, chaque image et chaque dessin ont été conçus comme des affirmations d’existence. Parmi les contributions figurent les photographies en noir et blanc de Rouahana, issues de la série Mémoires de sang, ainsi que les poèmes de Mira Mattar et les extraits du journal de Nahil Mohana. Les droits d’auteur seront reversés à l’Aide médicale pour les Palestiniens et au Groupe arabe pour la protection de la nature. En 2026, une plateforme numérique dédiée diffusera de nouvelles créations visuelles et sonores. Par son ampleur et par la diversité de ses voix, l’ouvrage propose une lecture essentielle pour qui souhaite comprendre l’expérience palestinienne au-delà des simplifications médiatiques.



