Le Festival des écrivains d’Adélaïde fait face à une controverse majeure après avoir retiré l’écrivaine australienne d’origine palestinienne Randa Abdel-Fattah de sa programmation. La décision, motivée selon les organisateurs par des « préoccupations de sensibilité culturelle » à la suite de l’attaque de Bondi, a suscité une vague de critiques et de désistements. En réponse, le festival a désactivé la page consacrée à la liste des auteurs invités, tout en annonçant qu’il procédait à des révisions de son site. À la date du 10 janvier, quarante-sept auteurs et autrices s’étaient officiellement retirés de l’événement. Parmi les personnalités ayant annoncé leur retrait figuraient Helen Garner, Chloe Hooper, Sarah Krasnostein, Michelle de Kretser, Drusilla Modjeska, Melissa Lucashenko, Evelyn Araluen et Trent Dalton.
Dans un communiqué publié le 8 janvier, le conseil du festival a indiqué avoir pris cette décision après un examen interne engagé à la suite des événements de décembre à Bondi. Sans établir de lien entre Abdel-Fattah et l’attaque, le conseil a toutefois estimé que sa présence « ne serait pas culturellement appropriée dans le contexte actuel ». L’annonce a été perçue par de nombreux participants comme un acte de censure, voire de stigmatisation. Abdel-Fattah a dénoncé un geste « raciste, honteux et anti-palestinien », en déclarant que le festival l’avait réduite à une cible symbolique sur laquelle projeter des peurs et des accusations infondées. Elle a également appelé le public à soutenir les auteurs solidaires, malgré les pertes financières liées à leur retrait.
Plusieurs écrivains, à l’image de Evelyn Araluen, lauréate du prix Stella, ont exprimé leur indignation. L’autrice a qualifié l’éviction de « trahison de l’éthique démocratique » qui, selon elle, animait historiquement le festival. Elle a affirmé que « retirer les voix palestiniennes de la vie publique australienne ne réduira pas l’antisémitisme », et a refusé de prendre part à ce qu’elle considère comme un acte de censure orchestré. Cette crise soulève une fois de plus des interrogations fondamentales sur les responsabilités des festivals littéraires face aux tensions politiques et identitaires, et sur les limites posées à la liberté d’expression dans l’espace culturel contemporain.



